Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras
G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Je commencerai par l’agenda de la direction du ministere. Demain, jeudi 6 septembre, le ministre des Affaires etrangeres se deplacera au Caire, en tant que membre d’une mission constituee de quatre membres et a laquelle feront partie ses homologues d’Italie, de Chypre et de Malte. Il s’agit d’une initiative tres importante puisque les ministres des Affaires etrangeres des pays europeens qui voisinent directement avec l’Egypte auront l’opportunite de rencontrer la direction politique de ce pays ainsi que d’avoir des contacts avec le Secretaire general de la Ligue arabe. Des rencontres sont prevues avec le President de l’Egypte, le ministre des Affaires etrangeres et M. El-Araby qui est le Secretaire general de la Ligue arabe. Les ministres des Affaires etrangeres transmettront le message de solidarite et de soutien de l’Union europeenne au processus de transition qui est en cours en Egypte, alors que le peuple egyptien se fraye un chemin vers la democratie. Nous pensons que l’Union europeenne doit etre presente a ce processus de transition, elle doit soutenir ce processus, et ce soutien ne doit pas seulement revetir la forme d’une aide, mais plutot d’un investissement dans un pays qui est non seulement son voisin direct mais aussi un voisin tres important. Nous pensons egalement que l’Egypte est un important pilier de stabilite pour la region elargie du Moyen-Orient et du Monde arabe et c’est pourquoi il est tres important qu’elle ait a ses cotes l’Union europeenne a chacun des pas qu’elle fait.
Les 7 et 8 septembre, le ministre se déplacera en République de Chypre, pays qui exerce actuellement la présidence de l’Union européenne pour le semestre courant, en vue de participer à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (« Gymnich »). Les ministres devraient aborder des questions relatives à l’eau et à l’éducation en tant que politiques horizontales ainsi que les dernières évolutions en Syrie.
Le mardi 11 septembre, le ministre des Affaires étrangères s’entretiendra avec Mme Marcoullis, ministre chypriote des Affaires étrangères laquelle sera en déplacement en Grèce. Cette rencontre en privé sera suivie d’une conférence de presse et d’un déjeuner de travail.
Le mercredi 12 septembre 2012 à 12h00, se tiendra au ministère des Affaires étrangères une séance d’information entre M. Alexis Tsipras, chef de l’opposition et la direction du ministère des Affaires étrangères.
Le jeudi 6 septembre 2012, M. Kourkoulas, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères s’entretiendra avec M. Costis Hatzidakis, ministre du Développement, de la Compétitivité, des Infrastructures, des Transports et des Réseaux au ministère du Développement. Le même jour, dans l’après-midi, le ministre s’entretiendra avec l’ambassadeur Tom de Bruijin, membre de la Task Force pour la Grèce.
Le vendredi 7 septembre, M. Kourkoulas s’entretiendra avec les députés grecs du parlement européen, tandis que le mercredi 12 septembre il rencontrera le Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée qui sera en déplacement en Grèce. Le Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée s’entretiendra également avec l’ambassadeur Kaskarelis, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Enfin, pour ce qui est de l’agenda de M. Tsiaras, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, le jeudi 6 septembre il aura une rencontre avec le présidium du Conseil des Grecs de l’étranger.
C’est tout pour ce qui est de l’agenda. Je suis à votre disposition pour la séance de questions.
M. PAPATHANASSIOU : Monsieur le porte-parole, que pensez-vous des dernieres evolutions en Syrie et est-ce qu’Athenes est preoccupee par les tensions croissantes au sud-est de la Turquie a cause des refugies et des attaques livrees par le PKK ? Je vous remercie.
G. DELAVEKOURAS : La situation en Syrie suscite de vives préoccupations et nous la suivons de très près. Malheureusement, les pires scénarios deviennent réalité et en ce moment la Syrie glisse vers une guerre civile avec un bilan morose pour la population civile, les citoyens de la Syrie avec lesquels le peuple grec entretient traditionnellement des relations d’amitié et de respect. Nous pensons toujours qu’une solution politique doit être trouvée à la question de la Syrie, une solution qui proviendra du peuple syrien lui-même et respectera sa souveraineté et sa volonté en faveur d’une transition démocratique. Par conséquent, il est important que le gouvernement syrien change d’attitude afin que nous puissions parvenir à une solution convenue entre les parties en conflit et afin que la Syrie puisse, avec le soutien de la communauté internationale se frayer un chemin vers la stabilité et la paix.
Comme vous le comprenez, la situation en Syrie suscite des préoccupations, non seulement pour ce qui est des développements à l’intérieur du pays mais aussi pour son voisinage. La Syrie joue un rôle déterminant dans l’équilibre du Moyen-Orient ce qui influe directement sur tous les pays voisins et c’est pourquoi nous pensons qu’il est urgent de parvenir à une solution. Le soutien de la communauté internationale est sans aucun doute indispensable et cette dernière doit avoir une présence active. Il faut aussi que les Syriens s’entendent afin de pouvoir parvenir à des solutions politiques. Nous ne pensons pas que l’escalade des conflits et les solutions militaires puissent donner une réponse durable aux problèmes actuels.
La question des réfugiés est également un problème brûlant qui est le résultat de la situation actuelle. Les flux de réfugiés et, par extension, les vagues migratoires sont en évolution constante. Les réfugiés syriens dans les pays voisins dépassent déjà les 200.000 personnes et mettent une très grande pression sur, entre autres, la Jordanie, le Liban ainsi que la Turquie, une question que nous aussi suivons de près en tant que pays voisin. La partie grecque est en train de prendre les mesures appropriées pour pouvoir faire face à cette situation, mais il ne peut y avoir aucun doute que tant que les conflits se poursuivent en Syrie, il y aura inévitablement des flux de réfugiés qui essayeront de fuir le pays pour se protéger des hostilités.
A. TASSOULI : Pour ce qui est des évolutions en Thrace, je voudrais vous demander si les articles publiés dans la presse et parlant des subventions à hauteur de 500 euros accordées aux élèves des établissements publics grecs pour permettre à ces derniers de s’inscrire dans des établissements scolaires financés par la Turquie, sont bien valables ?
G. DELAVEKOURAS : D’après les informations à la disposition du ministère des Affaires étrangères, cela n’est pas valable. Quoi qu’il en soit – et nous devons le réaliser – il existe en Thrace des milieux extrêmes qui s’emploient systématiquement à « ghettoïser » les citoyens grecs de foi musulmane, qui vivent dans cette région. Ces efforts échouent en dépit de l’insistance de ces groupes marginaux.
Il doit être clair que la Grèce est une société ouverte, une société et un Etat où tous les citoyens sont égaux devant la loi et où les droits de l’homme sont respectés tout comme les droits religieux de ses citoyens. C’est justement cette participation, cette participation sans heurts à la vie de la société grecque qui nous permet d’avancer ensemble et d’aller de l’avant. Sans aucun doute tous les citoyens de notre pays doivent faire face aux conséquences de cette grave crise économique. Mais si nous avançons ensemble et restons unis, nous y parviendrons. La situation actuelle ne donne aucun droit à ces milieux extrêmes de faire circuler des scénarios ou de procéder à des actions visant à la marginalisation d’une partie importante de la société grecque.
L. BLAVERIS : Monsieur le porte-parole, faisant suite a la question de mon collegue sur la Syrie, je voudrais vous poser la question suivante : Tout le monde sait que l’Union europeenne dispose de certains groupes de combat – un projet qui est toutefois a l’etat d’esquisse – dont l’un est dirige par la Grece avec la participation de Chypre. Est-ce que l’on envisage d’activer ces mecanismes soit pour gerer la question des refugies en provenance de Syrie soit pour controler l’aide qui sera fournie a ce pays ? Je vous remercie.
G. DELAVEKOURAS : En ce moment on n’envisage aucune intervention militaire exterieure en Syrie et nous pensons, comme je vous l’ai tout a l’heure dit, qu’une intervention de ce genre n’apporterait aucune solution aux problemes de la Syrie. C’est qui est necessaire est d’engager un debat politique interieur avec toutes les parties au conflit afin que le peuple syrien lui-meme puisse se frayer la voie de son choix et cela exige, bien evidemment, le changement de gouvernement et un cessez-le-feu immediat. Il va de soi que tant que les conflits continuent, tant que les atrocites qui font alourdir le bilan des victimes se poursuivent, l’atteinte d’une solution devient de plus en plus lointaine. Par consequent, a notre sens, Il faut continuer de soutenir le processus politique qui pourra apporter une solution viable.
N. MELETIS : S’agissant de ce que vous disiez sur Thrace, qualifiez-vous de constructive l’intervention de M. Erdogan qui a demande le rassemblement des citoyens grecs de foi musulmane autour du « Parti de l’Egalite » qui a ete fonde par M. Sadik? Deuxieme question, qu’y a-t-il de nouveau sur la reunion intergouvernementale, interministerielle entre la Grece et la Turquie ?
G. DELAVEKOURAS : Nous pensons, comme je l’ai tout à l’heure dit, que nos compatriotes musulmans vivent dans une société, dans un Etat qui respecte pleinement leurs droits et cela doit être respecté par tous. La Grèce est un modèle de coexistence harmonieuse de citoyens de conviction religieuse différente et il serait bon que d’autres pays dans notre voisinage suivent cet exemple.
Pour ce qui est de la question sur la réunion du Conseil de coopération de haut niveau, comme vous le savez et il a été convenu, la deuxième réunion se tiendra en Turquie, puisque la première a eu lieu en Grèce. Les travaux de préparation de la part du ministère de Affaires étrangères et du gouvernement grec avancent, il y a aussi une coordination entre les ministères qui participeront à cette réunion. Toutefois, les dates ne sont toujours pas fixées, mais aussitôt qu’elles le seront, vous en serez, bien évidemment, informés.
G. HADOULIS : Est-ce que vous pouvez nommer ces groupes extrêmes dont vous avez parlé ? Deuxième question sur la Libye et la question de l’hospitalisation. Qu’y a-t-il de nouveau sur cette dette de la Libye envers la Grèce et sur l’état d’avancement des discussions sur le remboursement de cette dette ?
Je vous remercie.
G. DELAVEKOURAS : Les activités de ces groupes sont bien connues de tous. Ces groupes n’atteindront pas leurs objectifs car, comme je l’ai tout à l’heure dit et je le répète, la Grèce est une société qui respecte pleinement les droits de l’homme de tous ses citoyens.
S’agissant de la deuxième question que vous avez évoquée, il y a eu en fait une importante initiative humanitaire de la part de la Grèce à l’époque des conflits en Libye dans le cadre de laquelle des ressortissants libyens qui avaient été blessés, ont été accueillis et hospitalisés en Grèce. Cette coopération s’est poursuivie après la fin des conflits car justement les infrastructures de la Libye avaient été gravement endommagées et l’Etat n’était pas en position de fournir des services de ce genre à ces citoyens. Il existe une question que nous suivons de près au ministère des Affaires étrangères, une question relative aux frais liés à l’hospitalisation dans les établissements hospitaliers grecs et au séjour dans les hôtels grecs de ces personnes. Cette question a fait l’objet d’un contact qu’a eu le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos avec son homologue libyen et il y a aussi des contacts fréquents avec le chargé d’affaires de la Libye en Grèce.
Ν. MELETIS : Quel est le montant ?
G. DELAVEKOURAS : Cette question fait actuellement l’objet de discussions entre la partie grecque et libyenne car aucun accord n'a été conclu quant au montant exact. Ce que je sais, après le dernier contact que nous avons eu avec eux, c'est que des fonds ont d'ores et déjà été débloqués pour un pourcentage de cette dette et nous espérons que la question sera bientôt réglée.
M. KOURBELA : Je ne sais pas si vous avez déjà répondu à ma question car je suis venue un peu en retard. J’aimerais savoir après les discussions à Nicosie il y a quelques jours sur la question du cadre budgétaire pluriannuel, qu’est-ce qui a été dit qui intéresse particulièrement la Grèce. Merci.
G. DELAVEKOURAS : Le débat s'est poursuivi sur une question qui est de toutes les façons très difficile. Comme vous le savez sans doute, le but et d'achever ces discussions d’ici la fin de l’année avec la fin de la présidence chypriote. Le président du Conseil européen a d’ores et déjà annoncé un sommet extraordinaire en novembre pour que puissent se poursuivre les discussions à ce sujet. La Grèce, de concert avec d'autres pays avec lesquels nous partageons des vues communes, participe à ces discussions et nous essayons de parvenir au meilleur résultat possible, notre politique étant principalement axée sur le fait que le budget de l'Union européenne et les fonds devront servir d’outil de développement. En cette conjoncture cruciale et période d’austérité pendant laquelle l'Union européenne présente des signes de récession, il est très important de pouvoir utiliser le budget de l'Union européenne comme outil de développement.
Μ. KOURBELA : J’aimerais également vous poser une question supplémentaire qui est sans doute un peu spécialisée et en dehors de votre champ de compétences, mais en tant que ministère des Affaires étrangères vous représentez la Grèce. Je poserais donc ma question. L'impression est donnée que les éléments utilisés pour le cadre budgétaire pluriannuel, à savoir le budget septennal de l’Union européenne, concerne les trois années 2007-2008-2009, années qui étaient bien meilleures pour la Grèce qu’aujourd’hui. Est-ce que la Grèce consentira des efforts particuliers pour que l'on puisse tenir compte de la situation actuelle lors de la distribution des fonds? Merci beaucoup.
G. DELAVEKOURAS : C’est l’une des principales questions qui nous préoccupent, à savoir la façon dont sera fait le calcul lors de la distribution des fonds. C’est l’une des principales questions que nous discutons.
S. SOURMELIDIS : Est-ce que l’incitation Erdogan pourrait être qualifiée d’ingérence dans les affaires intérieures dès lors qu'une référence est faite aux formations politiques en Grèce ?
G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, il y a eu une reaction du ministere des Affaires etrangeres concernant ce message qui est attribue au president de la Turquie. Cela etant, les citoyens grecs sont les seuls competents pour definir leur avenir et leur destinee. Nous sommes dans un Etat favorise et les citoyens grecs, independamment de leur religion, prennent des decisions pour le bien de leur pays. C’est le seul principe qui regit notre participation a tous aux affaires publiques et tout le monde doit le savoir, y compris nos voisins. Je redirais ce que j’ai dit tout a l’heure, ils feraient mieux de prendre exemple sur la Grece car dans notre voisinage, la Grece est un veritable parangon.
παράδειγμα.
M. KOURBELA : Monsieur le porte-parole, M. Davutoglu a fait une déclaration relative à la question de l'immigration clandestine, en tant que conséquence de la situation en Syrie et a d'ailleurs proposé de mettre en place des infrastructures. M. Koumoutsakos, eurodéputé, a réagi ainsi qu'un de ses collègues chypriotes. Quelle est la position de la Grèce concernant ces déclarations ? Merci.
G. DELAVEKOURAS : Nous avons tout à l'heure discuté de la crise des réfugiés en tant que conséquence des conflits en Syrie. Comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est une question très préoccupante. C’est avant tout une question de protection de ces personnes, qui essayent de s’éloigner de la zone du conflit, une question de fourniture de premiers soins, de denrées alimentaires, d’eau pour que ces personnes puissent survivre et bien entendu cette situation créée de par la force des choses des questions de sécurité, puisque les réfugiés font augmenter les flux migratoires. Pour cette raison, la Grèce mais aussi l’Union européenne, a discuté de ces questions avec ses partenaires, afin que l’Union européenne puisse faire face à toute situation éventuelle. Dans le même temps, nous reconnaissons la grosse pression que subissent les pays voisins de la Syrie et j’aimerais mettre l'accent sur ce dernier point. Vous avez parlé de la Turquie, mais les pressions pour les pays comme la Jordanie ou le Liban sont encore plus grandes. La seule façon de faire face à cette situation finalement est de parvenir à une solution politique en Syrie. Tant que les conflits continueront, il est certain que les civils chercheront à trouver des issues de secours.
Pour cette raison, il est très important que nous mettions tous l'accent sur ce point. M. Brahimi vient d'être nouvellement nommé au poste de Représentant de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie et nous formons nos vœux de succès dans la mission qui lui a été confiée. C'est une personne qui connaît très bien la région et qui peut jouer un rôle clé, mais il va de soi que la coopération et la volonté politique des parties adverses sont nécessaires, afin que nous puissions parvenir à une solution en Syrie.
Μ. KOURBELA : Comment évolue la question de l’accord de réadmission UE – Turquie ?
G. DELAVEKOURAS : Cet accord est toujours en suspens. Ces derniers temps, les choses ont un peu bougé mais malheureusement cela n’a pas abouti à la ratification et à l’application du protocole de réadmission UE – Turquie. Nous estimons qu’à partir du moment où la Turquie sera d’accord sur le texte, il faudra très vite procéder à son application. Cet accord couvre de nombreux points, compte tenu du fait que la Turquie est à l’heure actuelle l'un des principaux pays d'origine des immigrés clandestins à destination de l'UE. Certainement la Turquie est aussi un pays de transit, mais il faut savoir qu'un grand nombre d'immigrés clandestins qui viennent en Grèce pour aller en Europe passent par les frontières gréco-turques. C’est la raison pour laquelle – et aussi parce qu'il s'agit d'un problème européen - nous estimons que l'Union européenne doit faire de gros efforts pour que nous puissions arriver à l'application de cet accord de réadmission et avoir dans le même temps la meilleure application possible de l’accord de réadmission Grèce – Turquie, qui existe déjà depuis 2002 et qui peut à l'heure actuelle couvrir les questions des grandes pressions migratoires que subit la Grèce en raison des immigrés clandestins en provenance de la Turquie.
Septembre 5, 2012