Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras du 13 décembre 2012

G. DELAVEKOURAS : Bonjour, je commence par l’agenda de la direction politique.

Le lundi 17 décembre se tiendra à Athènes la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Grèce-Bulgarie. Force est de rappeler que la première réunion a eu lieu à Sofia. La convocation de ce Conseil atteste de la volonté et de la détermination des deux gouvernements de renforcer et d’approfondir davantage leur coopération et leurs relations à tous les niveaux. Il s’agit d’une coopération qui, avant tout, apporte des avantages pour les deux peuples, les deux sociétés et sert de catalyseur en faveur de l’établissement des partenariats dans notre région, l’Europe du Sud-est, tout en nous donnant l’opportunité de coordonner nos efforts au niveau européen.

Dans le cadre du Conseil de coopération de haut niveau se tiendront des réunions entre les Premiers ministres des deux pays ainsi qu’entre les ministres de la Grèce et de la Bulgarie compétents en la matière. Il y aura bien entendu une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos et son homologue de Bulgarie, M. Mladenov. Les discussions déjà engagées sur un large éventail de questions se poursuivront et des accords seront signés sur un certain nombre de domaines, ce qui sera justement la preuve de notre volonté de faire avancer davantage notre coopération bilatérale.

Le jeudi 20 décembre le ministre des Affaires étrangères effectuera un déplacement en Libye où il aura des contacts avec la direction politique du pays. Il s’agit encore d’une initiative de la Grèce qui atteste de notre volonté ferme de renforcer nos relations avec les pays d’Afrique du nord.

Comme vous l’avez vous-mêmes constaté, il y a une très forte mobilité vers cette région et nous avons eu déjà l’opportunité d’avoir des contacts avec la partie libyenne après la révolution. Nous poursuivrons ce dialogue dans ce cadre et continuerons de discuter de toutes les questions relevant de notre coopération et de nos relations bilatérales. Il existe de très grandes possibilités de coopération entre la Grèce et la Libye, tant dans le domaine économique que dans d’autres domaines, puisque la Libye est en train de reconstruire ses structures et infrastructures et souhaite également établir une coopération avec nous. Dans ce cadre, cette visite donnera l’occasion d’engager un débat sur toutes les questions inscrites à notre ordre du jour bilatéral ainsi que sur les développements régionaux.

S’agissant de l’agenda du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas, le mercredi 19 décembre à 9h30, il prononcera un discours à une conférence intitulée « Journée d’information pour les hommes d’affaires » organisée par le ministère des Affaires étrangères dans la salle « Kranidiotis ».

Le jeudi 20 décembre il prononcera une allocution à une conférence de la Société grecque de droit international et des Relations internationales qui se tiendra également au ministère des Affaires étrangères.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Tsiaras offrira un déjeuner en l’honneur de l’ambassadeur du Chili le jeudi 13 décembre, tandis que le mardi 18 décembre à 13h00, il fera une intervention lors d’une manifestation organisée par la Chambre gréco-azerbaidjanaise. Enfin, le jeudi 20 décembre à 12h00, il assistera à une manifestation organisée à l’occasion du 70e anniversaire des relations gréco-canadiennes qui se tiendra dans la salle « Kranidiotis » du ministère des Affaires étrangères.

C’est tout pour ce qui est de l’agenda. Passons maintenant à la séance des questions-réponses.

M. KOTOVSKA: [question posée en anglais sur les conclusions du Conseil des Affaires générales concernant l’ARYM et la mesure dans laquelle la Grèce viole l’Accord intermédiaire en entravant l’ouverture des négociations d’adhésion de l’ARYM avec l’UE].

G. DELAVEKOURAS : Tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler que dans cette salle nous employons l’appellation reconnue au niveau international pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, telle que celle-ci est notée dans les résolutions de l’Organisation des Nations Unies, du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale. Sachez que lorsque le terme approprié n’est pas employé, je ne répondrai à aucune question.

S’agissant des conclusions adoptées à l’unanimité par le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, il s’agit d’une décision très importante, une décision qui vient confirmer la perspective européenne de tous les pays des Balkans occidentaux, y compris celle de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, dans laquelle sont explicitement notés les critères et les modalités qui doivent être remplis afin que ce parcours puisse être poursuivi.

Il s’agit d’un pas positif, nous pensons que c’est un pas qui pourrait servir de catalyseur et contribuer à la réalisation des progrès. La Grèce a maintenu une position cohérente toutes ces années et a fait preuve d’une attitude constructive en faveur de l’atteinte d’une solution, une attitude qui a été reconnue par tous nos interlocuteurs. Le point culminant de cette attitude a été la proposition que la Grèce a récemment soumise, à savoir la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding) entre les deux pays qui définit le cadre et les paramètres de la solution recherchée. Grâce à cette initiative le processus mené sous l’égide des Nations Unies a été activé. Et, comme je l’ai tout à l’heure dit, la Grèce participe à ce processus en faisant preuve d’une attitude constructive et nous espérons voir des résultats positifs émanant de ce processus. Nous continuerons de soutenir également le mandat de M. Nimetz ainsi que ses efforts en vue de pouvoir parvenir à une solution.
Pour ce qui est plus particulièrement des conclusions, les 27 Etats-membres de l’Union européenne ont défini de manière unanime et en parlant d’une seule voix, les prochains pas à suivre, ils ont parlé de la nécessité de respecter les relations de bon voisinage et de parvenir à une solution à la question du nom. Nous espérons que Skopje comprendra ce message clair de l’Union européenne afin que nous puissions voir un changement d’attitude et une participation plus constructive au processus en vue de parvenir à une solution.

La Grèce continuera d’œuvrer dans ce sens, tout en ayant la conviction que le règlement de la question du nom contribuera de manière décisive au renforcement des relations entre la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ainsi qu’au renforcement de la stabilité régionale, tel qu’il est explicitement cité dans la résolution 817 du Conseil de sécurité ainsi que dans le rapport sur les progrès réalisés par l’Ancienne République yougoslave de Macédoine pour ce qui est de sa perspective européenne.

L. BLAVERIS : Est-ce que le ministre au cours de sa visite en Libye évoquera la question de la compensation comme il l’avait fait lors de son déplacement précédent ? Qu’y a-t-il de nouveau concernant cette question ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : L’ordre du jour des discussions porte sur un grand nombre de questions et, bien entendu, cette question figure parmi les dossiers que nous allons aborder. Comme vous le savez, le ministre des Affaires étrangères a déjà eu des contacts avec son homologue et tous les deux pays souhaitent que cette question soit réglée dans les plus brefs délais et de la meilleure façon possible. Des progrès ont été d’ores et déjà réalisés et nous nous attendons, grâce au très bon niveau des relations entre les deux pays, à ce que des progrès supplémentaires soient réalisés à l’occasion de cette visite afin que cette question soit définitivement réglée.

Toutefois, j’aimerais signaler qu’au-delà de cette question importante, il existe un très grand nombre d’autres question dans le cadre de nos relations bilatérales que nous aurons l’occasion d’aborder, car la Libye et les autorités libyennes sont actuellement en train de consentir de grands efforts pour reconstruire leur pays.

La Libye a été profondément blessée par ce conflit. La Grèce s’est trouvée à ses côtés tout au long de cette crise et dans le domaine humanitaire aussi. Force est de rappeler que 6.000 Libyens ont été admis dans des établissements hospitaliers grecs. La Grèce veut toutefois soutenir les efforts consentis actuellement par la Libye en vue de reconstruire ses infrastructures et d’achever l’œuvre entamée avec la révolution.
Les deux pays entretiennent de longue date des liens d’amitié et de respect mutuel très étroits et je pense que ces relations sont le meilleur fondement sur lequel nous pourrons axer le développement ultérieur de nos relations. Les deux parties font preuve d’une volonté commune dans ce sens et je suis convaincu que nous aurons de très bons résultats.

C. KAPOUTSIS : [question hors micro concernant les pourparlers entre la Grèce et la Libye et la Grèce et l’Egypte sur la délimitation de la zone économique exclusive]

G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, l’objectif de la politique de la Grèce est de délimiter toutes les zones maritimes avec tous ses voisins et ce, non seulement pour profiter des avantages économiques évidents que cela comporte mais aussi pour renforcer la stabilité régionale dans notre région. Ces accords renforcent la paix et c’est pourquoi nous avons des consultations avec tous nos voisins.

Pour ce qui est de la Libye maintenant, comme vous m’avez posé la question, les négociations entre les deux parties ont commencé en 2007. Bien évidemment, les développements en Libye n’ont pas permis à ces négociations d’avancer au même rythme, mais je sais que tant la partie libyenne que la partie grecque souhaitent voir des progrès se réaliser dans ce dossier. Comme je vous l’ai tout à l’heure dit, l’ordre du jour est ouvert afin que nous puissions discuter de toutes les questions et, comme il existe une volonté mutuelle de faire avancer ce dossier, je pense que celui-ci sera abordé.

S’agissant de l’Egypte, force est de signaler que les deux pays, la Grèce et l’Egypte, ont commencé des négociations il y a très longtemps. Et dans ce cas aussi, il y a eu d’importants changements. Lors des contacts qu’a eus le ministre des Affaires étrangères avec son homologue d’Egypte, cette question a été d’ores et déjà abordée et les deux parties ont clairement manifesté leur volonté de procéder au règlement de cette question, et ce, toujours dans le cadre défini par la Convention sur le droit de la mer que les deux pays ont ratifié et appliquent.

S. RISTOVA : Monsieur le porte-parole, une question concernant une discussion qui a eu lieu au Parlement il y a vingt jours environ. Le député du parti Aube Dorée, M. Panayiotaros, dans une question adressée à M. Tsiaras, a utilisé le terme «giftoskopiani». Quelle est la position du ministère des Affaires étrangères car je crois que c’était une première devant le Parlement hellénique. Est-ce que vous pensez que l’attitude de l’Aube Dorée peut envenimer les relations entre les deux pays pour ce qui est de la question du nom ?
G. DELAVEKOURAS : Je suis porte-parole du ministère des Affaires étrangères, et en cette qualité mon rôle n’est pas de commenter les positions des partis en Grèce. Ce terme, auquel vous vous êtes référé, n’aurait en aucun cas pu être dit dans la bouche d’un représentant ou membre du gouvernement ou d’un de ses cadres. Nous souhaitons de bonnes relations. Nous pouvons avoir des relations amicales et nos deux peuples ont prouvé qu'ils entretenaient des relations amicales. Tous ces contacts entre les individus, la société civile montrent que la Grèce et l'Ancienne République yougoslave de Macédoine peuvent être les meilleurs amis dans la région. Nous avons une question cruciale à résoudre en parvenant à un règlement mutuellement acceptable. Nous devons donc nous asseoir à la table des négociations et nous entendre, discuter et nous ne devons jamais oublier que nous sommes voisins, que nous sommes les partenaires de demain et qu'il est dans notre intérêt mutuel de bâtir, de construire des relations d’amitié et de coopération.
Des centaines de milliers de citoyens de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine visitent la Grèce chaque année et vice-versa. Les gens ont su prouver qu’ils pouvaient discuter entre eux, coopérer et aller de l’avant. Ce que doivent faire les gouvernements, c’est suivre leur exemple. Le gouvernement grec ne manque une occasion de prouver son attitude constructive et sa volonté de parvenir à une solution. C’est ce que nous attendons de l’autre partie. Nous ne devons pas laisser les occasions se perdre. Nous devons nous asseoir à la table des négociations et parler en toute sincérité, avec la volonté de parvenir à une solution qui sera mutuellement acceptable et qui respectera l’histoire et la civilisation de chacun.
D. ANTONIOU : Une question. Que signifie la décision du ministère des Affaires étrangères de renvoyer l’ambassadeur de Syrie à Athènes et si la Grèce, avec sa participation à la rencontre des Amis de la Syrie, qui s'est tenue hier, et sa signature - j'imagine - du texte des conclusions, reconnaît désormais les forces opposées au régime en Syrie comme représentants officiels du peuple syrien, si je peux m'exprimer ainsi? Merci.
G. DELAVEKOURAS : Depuis que la crise a éclaté en Syrie, nous avons exprimé notre inquiétude face à la situation, les dangers engendrés pour la Syrie, le lourd bilan pour le peuple syrien, les pressions que subissent les pays voisins de la Syrie et le risque de propagation de la crise ainsi que la nécessité impérieuse d’engager un processus politique qui permettra au peuple syrien, dans le plein respect de sa souveraineté, de décider de son avenir.
Ces positions, nous les avons exprimées auprès de chaque organisation internationale à laquelle nous participons, en soulignant dans le même temps que la solution, quelle qu'elle soit, le processus politique, quel qu'il soit, devra respecter et sauvegarder les droits et la sécurité des communautés qui vivent dans le pays, des communautés religieuses et ethniques. Nous sommes particulièrement préoccupés par la question de la protection, de la sécurité de la communauté orthodoxe grecque, qui, il y a quelques jours a perdu son chef spirituel et est aujourd'hui face à de très gros défis. Malgré cela, la situation en Syrie continue d'être particulièrement préoccupante et lors de la réunion du groupe des Amis de la Syrie, à laquelle a participé le ministre des Affaires étrangères de la Grèce, M. Avramopoulos, nous avons souligné la nécessité d'axer toute notre attention sur l'ouverture d'un processus politique. Nous estimons que les solutions militaires ne peuvent apporter de bons résultats et ne font qu’agrandir l’écart qui existe aujourd’hui, de rendre encore plus difficile la gestion de la situation et d'augmenter les dangers pour la stabilité régionale. Dans cet esprit s’inscrit notre décision de demander à l’ambassadeur de Syrie en Grèce à ce que deux autres employés de l'ambassade quittent notre pays.
J’ai déjà dit dans le passé que le peuple syrien et le peuple grec étaient unis par des liens d’amitié et de respect. Nous serons aux côtés du peuple syrien dans ces moments difficiles et nous devons faire clairement savoir que ce régime qui attaque son peuple, ne peut continuer de le faire, il doit cesser. Il doit permettre l'ouverture de ce processus politique dont nous parlons.
En ce qui concerne l’opposition à laquelle vous vous êtes référé, lors du Conseil de l'Union européenne, les 27 avaient déjà convenu d’un texte de conclusions. Hier, lors de la conférence, nous avons dit que ce modèle était le plus représentatif, qui jusqu'à présent s'est formé au sein de l'opposition syrienne et des opposants au régime. Cela créé une lourde responsabilité pour eux-mêmes, la responsabilité de garantir la participation élargie, de gagner la confiance de toutes les communautés qui se trouvent en Syrie. Pour cette raison, l’opposition devra œuvrer dans cet esprit et le montrer dans la pratique. Nous espérons qu'un processus politique pourra être engagé, dans le cadre duquel toutes les forces politiques du pays pourront s'asseoir à la même table en vue de trouver une solution pour le bien de leur pays, l'avenir du peuple syrien. La Grèce ne manquera très certainement pas une seule occasion de continuer à soutenir les efforts visant à l’ouverture de ce processus politique pacifique.

CH. POULIDOU : Concernant cette dernière question, d’autres pays européens ont expulsé les diplomates des représentations diplomatiques de la Syrie, et deuxièmement je ne veux pas savoir pourquoi vous l'avez fait, mais pourquoi vous n'en avez pas fait de même avec l'Egypte ou la Libye. Troisièmement, vous avez parlé au début du Conseil de coopération de haut niveau Grèce - Bulgarie. J'imagine qu’il n’y a rien de nouveau concernant la Turquie ou Israël ?
G. DELAVEKOURAS : S’agissant de votre première question, à ma connaissance la plupart des pays européens, si ne n’est la totalité d’entre eux, ont fait la même chose. Pour répondre à votre deuxième question, pendant la crise en Libye, le fonctionnement de l’ambassade de Libye à Athènes avait été interrompu. En ce qui concerne votre deuxième question, je ne peux encore donner de dates, mais les préparatifs continuent. Comme vous le savez, dans le cas d'Israël, il y aura des élections en janvier, donc de par la force des choses nous discutons pour après cette période. S'agissant de la Turquie, nous entendons organiser le Conseil de coopération de haut niveau dans le courant du mois de janvier. Lorsque la date sera arrêtée, nous la communiquerons.
CH. HADOULIS : Depuis quand cette reconnaissance est-elle en vigueur ?

D. DELAVEKOURAS : Il existe une décision y relative du Conseil Affaires étrangères de l’UE qui a été prise lundi et qui traite de cette question.
A. VIDOURI : Concernant le Conseil suprême de coopération entre la Grèce et la Bulgarie, vous nous avez dit qu’il y aura des signatures dans différents domaines. Avons-nous quelque chose de précis. Sur quels domaines portent ces accords ?
G. DELAVEKOURAS : Nous aurons des accords conclus dans les domaines de la culture, des sports, du développement agricole, du tourisme et autres. Bien entendu, il y aura les rencontres des ministres compétents, il y aura des consultations car c'est l'occasion d'aborder toutes ces questions.
Merci beaucoup.

Décembre 13, 2012