Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras, du 25 octobre 2012


G. DELAVEKOURAS :  Je commencerai par l’agenda de la direction politique. Le dimanche 28 octobre, le ministre des Affaires étrangères sera en déplacement à New York, accompagné par M. Notis Mitarakis, Secrétaire d’Etat au développement et le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au développement, M. Mihalos. Le ministre aura également des  rencontres et assistera à un dîner organisé par le Conseil d’administration et les membres du Hellenic Initiative.  Force est de rappeler qu’en août des représentants du Hellenic Initiative ont visité la ville d’Athènes. Cette initiative s’intègre dans le cadre des actions coordonnées visant à rehausser l’image du pays et à mobiliser l’Hellénisme œcuménique et les efforts consentis pour sortir notre pays de la crise.
De mardi 30 octobre à jeudi 1er novembre, le ministre des Affaires étrangères effectuera une visite officielle au Canada dans le cadre du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

Durant son séjour le ministre, outre les contacts politiques qu’il aura, mettra l’accent sur la coopération dans le domaine des affaires et de l’économie avec le Canada. La première étape de la tournée du ministre sera Montréal où il rencontrera le Président du Centre de la communauté grecque, M. Nikolas Pagonis et prononcera un discours lors d’une manifestation à l’issue de cette rencontre.

Le mercredi, M. Avramopoulos s’entretiendra avec le maire de Montréal, M. Tremblay et prononcera une allocution lors d’un séminaire organisé aux bureaux de la Banque royale de Canada auquel participeront également des membres de l’organisation Invest in Greece.

Par la suite, le ministre se déplacera à Ottawa où il assistera aux travaux du parlement canadien et à un déjeuner  offert en son honneur par le Président du sénat du Canada, M. Kinsella.

Le même jour, le ministre aura l’opportunité de s’entretenir avec M. Tony Clément, ministre du Trésor, d’origine chypriote-grecque.

Le mercredi, dans l’après-midi, le ministre prononcera un discours lors d’une manifestation organisée par le président du Parlement canadien en coopération avec le groupe parlementaire d’amitié Grèce-Canada et l’ambassade de Grèce à l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Grèce et le Canada.

Le jeudi 1er novembre le ministre s’entretiendra avec le ministre canadien des Affaires étrangères. Par la suite, M. Avramopoulos se déplacera à Toronto où il prononcera un discours dans le cadre du Business Forum organisé par la Banque royale du Canada, avec la participation de la Chambre de commerce gréco-canadienne à Toronto et auquel participeront également des membres de l’organisation Invest in Greece. Le ministre aura aussi une rencontre avec le métropolite de Canada Sotirios et il visitera également le centre de la communauté grecque où il s’entretiendra avec le présidium de la communauté.

Le samedi 3 novembre à 11h00, M. Avramopoulos s’entretiendra avec le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de la Fédération de Russie, M. Vladimir Titov qui est en visite dans notre pays.

Pour ce qui est du programme du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas, lundi 29 octobre, il participera à une manifestation organisée par la Banque de Grèce et l’ELIAMEP. Il assistera également, en tant qu’invité d’honneur, à un déjeuner offert par l’ambassadeur de l’Australie en honneur des ambassadeurs des pays membres du Dialogue Asie-Europe, en vue de la réunion au sommet qui se tiendra la semaine prochaine à Laos.

Le mardi 30 octobre, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères assistera à la ratification par le parlement de l’acte d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Par la suite, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères s’entretiendra avec le Comité des Affaires étrangères du parlement de la Norvège, et par la suite il signera au parlement l’accord avec le Canada sur la mobilité des jeunes. Il s’agit d’un important accord dont la procédure de ratification touche à sa fin en vue de sa mise en vigueur et lequel permettra aux jeunes, Grecs et Canadiens, de se rendre au Canada et en Grèce respectivement et d’exercer une profession durant leur séjour dans le pays.

Dans le cadre des séances d’information tenues avec les chefs du secteur des Affaires étrangères des partis politiques,  M. Kourkoulas s’entretiendra le mercredi 31 octobre avec Mme Renou Dourou, chef du secteur des Affaires étrangères du SYRIZA, et le jeudi 1er novembre, avec Mme Maria Yannakakis, chef du secteur des Affaires étrangères de la Gauche démocratique.
Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Tsiaras sera en déplacement du 30 octobre au 1er novembre en Afrique du sud. Il commence sa tournée à Johannesburg où il s’entretiendra mercredi avec le métropolite de Johannesburg et de Pretoria, Damaskinos. Par la suite, il visitera l’école de la communauté grecque «S.A.H.E.T.I» et rencontrera des enseignants grecs. Il s’entretiendra également avec l’ensemble des Conseils d’administration des communautés grecques. Le jeudi 1er novembre il se déplacera à Pretoria où il rencontrera des hauts fonctionnaires sud-africains ainsi que des représentants du milieu des affaires.

C’est tout pour ce qui est de l’agenda. Je suis prêt à répondre à vos questions.

K. FRYSSA :  Au cours du séjour du ministre des Affaires étrangères aux Etats-Unis, ce dernier rencontrera-t-il des hauts fonctionnaires de l’administration américaine et des hauts fonctionnaires des Nations Unies ?

G. DELAVEKOURAS :  Non, le déplacement à New York s’intègre dans le cadre de la deuxième réunion qui se tient après la visite des coordinateurs du Hellenic Initiative à Athènes. Force est de rappeler que ces derniers avaient visité notre pays avec le président Clinton lequel avait exprimé son soutien à l’égard de cette initiative. Il s’agit d’un effort important afin que la Grèce puisse valoriser les très grandes possibilités offertes par l’hellénisme œcuménique. Les communautés grecques à travers le monde, sont très actives et en cette période difficile tout soutien est, bien évidemment, précieux.

M. KOTOVSKA:  A few days ago in Washington D.C. there was this event, a discussion where representatives from the «Macedonian», «Turkish» and
«Albanian» minority in Greece, discussed and complained about the constant violation of their human rights here in Greece.  Now we have a judgment from the European Court of Human Rights, regarding the «Macedonian minority» and this judgment is not being respected by the Greek Government and also we have recommendations from the UN expert Kane McDougal, who is also not being respected.  So, I wanted to know if the Government, like by Prime Minister Samaras, is planning to start respecting some of those recommendations or the human rights in general.

G. DELAVEKOURAS :  La Grèce est un pays lequel, non seulement  en tant que membre de l’Union européenne depuis des décennies, mais aussi en tant que pays qui respecte et applique avec constance les principes régissant les droits de l’homme, est à l’avant-garde de leur protection.

Il existe sans doute certaines organisations qui essayent d’entacher l’image de la Grèce et de falsifier la réalité. A mon avis, la meilleure réponse à ces condamnations et à ses tentatives est la réalité grecque. Et, la réalité est qu’en Grèce les droits de l’homme sont respectés. Comme vous le savez très bien, en Grèce il n’y a qu’une minorité musulmane et rien d’autre. Il existe certaines organisations et groupes marginaux qui essayent de transformer en ghetto une grande partie de la population grecque et ils n’arrivent pas à leurs fins. Car en Grèce il existe ces liens de coexistence harmonieuse au sein de la société, des liens qui nous permettent d’aller de l’avant tous ensemble. Nous sommes bien au courant de ces efforts et nous y réagissons, si besoin est, de la manière appropriée, mais il doit être clair que certains de nos pays voisins feront bien de suivre l’exemple de la Grèce car le niveau de paix sociale qui existe en Grèce n’existe pas malheureusement dans d’autres cas.

La Grèce a consenti d’immenses efforts en vue de contribuer au rapprochement de notre voisinage des normes européennes. Nous voudrions par conséquent, dans cet esprit, que ces pays procèdent aux réformes nécessaires afin de réaliser des progrès pour ce qui est de l’application des valeurs et des normes européennes.

Χ. POULIDOU : Monsieur le porte-parole, le président de la Serbie, M. Nikolic, s’adressant à Skopje, a fait certaines déclarations dans lesquelles il a exprimé sa compréhension à l’égard des problèmes de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine pour ce qui est de la question du nom et d’autres dossiers. Voulez-vous faire un commentaire à cet égard ?


G. DELAVEKOURAS :  Cette interview accordée par le président de la Serbie ne cadre en aucune manière avec le haut niveau des relations qu’entretiennent nos deux pays et le soutien ferme et durable qu’a accordé la Grèce à la Serbie au cours des périodes difficiles et, bien évidement, elle n’atteste pas des liens d’amitié qui unissent de longue date les deux peuples. Sur instruction du ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos, le Directeur général des Affaires politiques du ministère des Affaires étrangères a transmis à l’ambassadeur de la Serbie la contrariété de la Grèce à l’égard de ces déclarations.

A. VOUDOURIS :  Est-ce qu’il y a eu une réaction de la part de Skopje à la lettre que nous avons envoyée il y a un mois environ et aux propositions que nous avons faites à travers ce protocole d’accord ? 


G. DELAVEKOURAS : Malheureusement, il n’y a pas eu de réponse. Il y a malheureusement de nouvelles attaques contre la Grèce ainsi qu’un effort visant à dévaloriser le processus de négociation mené dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies. La Grèce a pris cette initiative dans un esprit constructif en vue de sortir de l’impasse actuelle. Malheureusement, j’ai lu hier une interview de M. Poposki dans laquelle ce dernier qualifiait toutes ces démarches d’insignifiantes. Cela constitue, bien entendu, une offense et atteste d’un manque de respect à l’égard du processus de l’Organisation des Nations Unies lui-même et ce n’est pas dans cet esprit que nous devons continuer.

Notre proposition, l’initiative de la Grèce est toujours valable et nous attendons une réponse claire, positive qui insufflera un nouvel élan au processus des négociations – car notre proposition soutient en fait ce processus – ce qui nous permettra d’améliorer le climat dans nos relations bilatérales et de valoriser les possibilités existantes.

Les paroles offensantes et les déclarations provocantes continues ne font que perdurer le différend et créent malheureusement un climat négatif qui est systématiquement alimenté par l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, un climat qui doit, à notre avis, changer afin que des progrès soient réalisés. 

X. KAPOUTSIS :  Le ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, a présenté la proposition grecque concernant la revalorisation des relations de l’Union européenne avec le monde arabe. Pourriez-vous nous dire quel est le contenu de la proposition grecque ?

G. DELAVEKOURAS : Cette initiative figure parmi une série d’importantes initiatives que nous avons prises ce dernier temps, car nous pensons que l’Union européenne doit avoir une présence plus marquée en Méditerranée orientale et en général dans le monde arabe. L’Union européenne est présente au niveau politique et économique et joue un rôle important, mais nous pensons que pour l’Europe ce voisinage est plus que ça. C’est une région d’intérêt direct pour l’Europe et chaque investissement, politique ou économique de l’UE est en fait au profit de son développement et de la stabilité dans toute la région ce qui, à son tour, peut apporter des avantages considérables pour l’Union européenne elle-même.

C’est donc dans cet esprit que la Grèce a proposé la revalorisation des relations de l’Union européenne avec la Ligue arabe, tant au niveau politique qu’économique.  

Sur le plan politique, nous proposons des contacts plus réguliers entre les instances des deux organisations afin que nous puissions échanger des informations, des points de vue et des idées à l’égard des évolutions et de pouvoir coordonner nos initiatives.

Sur le plan économique, nous proposons une coopération sectorielle dans un grand nombre de domaines d’intérêt directe pour les pays de la région, tels que le tourisme, le commerce et les investissements. Dans ces domaines, cette coopération pourra apporter d’importants avantages pour les deux parties, des avantages que nous devons valoriser car les pays de la région se trouvent actuellement dans un processus de transition et l’un des paramètres les plus critiques est de disposer des moyens financiers qui soutiendront ce processus de réformes.

Les défis auxquels sont confrontés nos pays voisins sont très importants et ils ne sont pas seulement politiques. Il existe la question de la croissance économique et c’est pourquoi l’Union européenne doit investir dans ces pays. Pour toutes ces raisons nous avons pris cette initiative. Le mois prochain se tiendra la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe avec l’Union européenne et nous espérons que nos contacts seront plus fréquents dans le futur.

M. POPOVIC : Je reviens à la question du nom. La Commission européenne a proposé une solution…à savoir l’atteinte d’une solution à la question du nom lors des phases initiales de la négociation avec l’Union européenne. Selon cette hypothèse, quel serait le « time frame » qui conviendrait à la Grèce dans cette phase initiale de la négociation et deuxième question : quelle est l’attitude de la Grèce à l’égard de cette discussion qui est actuellement engagée au sein de l’Union européenne concernant une éventuelle réintroduction des visas pour les pays des Balkans occidentaux ? Merci.

G. DELAVEKOURAS :  Pour ce qui est de la première question, premièrement je ne réponds pas à des questions hypothétiques et deuxièmement, la Commission a elle-même évité de répondre à cette question, et troisièmement, de toute façon nous parlons d’une proposition et d’un rapport qui a été rédigé par la Commission. Comme je l’ai affirmé lors du précédent point de presse, ces questions relèvent exclusivement de la responsabilité des Etats membres et ceux-ci ont exposé de manière très claire leurs positions à cet égard ces dernières trois années et ont souligné la nécessité de respecter les règles régissant les relations de bon voisinage. C’est sur cette base que nous pouvons engager ce débat et telle est la position unanime de l’Union européenne et plus tôt cette position sera comprise de tous sera le mieux pour le processus mais aussi pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine elle-même.

La Grèce a de longue date soutenu les efforts de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine visant à son rapprochement de l’Union européenne et j’aimerais à cette occasion rappeler de nouveau que Skopje a une perspective européenne grâce à la stratégie de Thessalonique qui a été élaborée par la Grèce en 2003. Nous déployons des efforts similaires actuellement pour l’an 2014. Nous voulons voir des progrès dans ce sens car cela est dans l’intérêt direct de chaque pays, et de la Grèce aussi, car nous voulons créer dans notre voisinage un espace de sécurité, de stabilité et de développement. Tel est notre choix stratégique et c’est dans ce sens que nous sommes en train d’œuvrer. C’est pourquoi nous sommes déçus par l’absence de réaction de la part de l’autre partie. Cela fait des semaines que nous avons soumis une initiative, une proposition et les commentaires négatifs n’ont toujours pas cessé. Malheureusement, nous ne pouvons aller de l’avant vu ce comportement.

A l’occasion donc de ce que nous avons tout à l’heure dit concernant le soutien ferme que nous avons accordé à ce jour, force est de signaler, en réponse à votre deuxième question, que la Grèce a fait encore une fois preuve de sa constance à l’égard de la question des visas, car elle a soutenu la demande des pays des Balkans occidentaux de bénéficier de la libéralisation du régime des visas. Nous pensons qu’il s’agit d’un pas très important et à la fois positif qui a été fait par l’Union européenne, non seulement au niveau des Etats mais aussi au niveau de la société civile. Donner aux habitants de ces pays l’opportunité de voyager plus fréquemment en Europe, de voir la réalité européenne, d’adopter les normes européennes, d’alimenter cette aspiration à l’adhésion et à leur intégration dans la famille européenne, constitue une incitation très importante à la mise en place des réformes nécessaires. C’est pourquoi la Grèce soutient cette mesure de manière ferme. Aucune proposition officielle n’a été à ce jour présentée concernant cette question mais en ce qui nous concerne, nous pensons que les citoyens de ces pays doivent avoir l’opportunité de voyager librement.


Je vous remercie.

Octobre 25, 2012