Point de presse du porte-parole du MAE, M. G. Delavekouras du 6 décembre 2012

G. DELAVEKOURAS : J’ai le plaisir de vous présenter M. Konstantinos Koutras qui vient d’assumer les fonctions de porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères. On vous transmettra ses coordonnées par email.

Je commence par l’agenda de la direction politique.

Le vendredi 7 décembre, le ministre s’entretiendra avec le ministre libanais des Affaires étrangères, M. Adnan Mansour dans le cadre de la visite officielle en Grèce du Président du Liban, le général Michel Sleiman.

Les 10 et 11 décembre, le ministre des Affaires étrangères sera en déplacement à Bruxelles en vue de participer aux travaux des Conseils des Affaires étrangères et des Affaires générales de l’UE. Le ministre sera accompagné par le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Dimitris Kourkoulas.

Le lundi 10 décembre, le ministre des Affaires étrangères assistera à un déjeuner de travail du Conseil des Affaires étrangères lors duquel sera abordée la question du processus de paix au Moyen-Orient.

Par la suite, lors de la session plénière de l’après-midi, seront évoquées les évolutions dans les Balkans occidentaux, en mettant l’accent sur la situation politique en Bosnie-Herzégovine et le dialogue Belgrade-Pristina, le Voisinage du sud et notamment la Syrie, les relations UE-Russie et les relations UE-Etats-Unis. S’agissant du dernier dossier, la discussion portera sur les priorités du gouvernement américain en matière de politique étrangère suite aux élections du 6e novembre.

Mardi 11 décembre, le ministre participera aux travaux du Conseil des Affaires générales qui commenceront le matin avec la session plénière lors de laquelle seront discutées, entre autres, des questions ayant trait à la préparation des conclusions du Conseil européen du 13 et 14 décembre. La réunion sera suivie d’un déjeuner de travail offert par le Président du Conseil européen, M. Herman van Rompuy. La fin de la réunion sera marquée par la session plénière de l’après-midi qui portera sur les conclusions relatives à la politique de l’élargissement.

Le mercredi 12 décembre, le ministre des Affaires étrangères participera à la 4e réunion du Groupe des amis du peuple syrien au Maroc, suite à l’invitation de son homologue marocain. Le mercredi matin se tiendra la réunion ministérielle du Groupe qui sera suivie par un déjeuner de travail offert par le ministre des Affaires étrangères du Maroc en l’honneur des chefs des délégations.

Le dimanche 9 décembre, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Konstantinos Tsiaras représentera le gouvernement grec lors de la cérémonie funéraire de Sa Béatitude, le Patriarche d’Antioche Ignatius IV.

Le mardi 11 décembre, le Secrétaire d’Etat s’entretiendra avec le Métropolite d’Alep, Pavlos au ministère des Affaires étrangères.

Le même jour se tiendra la réunion du Comité du Mont Athos sous la direction du Secrétaire d’Etat.

Le mercredi 12 décembre, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur Vassilis Kaskarelis, s’entretiendra avec le Commissaire des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muiznieks, dans le cadre de la visite de ce dernier dans notre pays.

Le vendredi 7 décembre le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au Développement, participera en tant que principal intervenant à la réunion du Conseil d’Affaires Grèce-Liban organisée par l’Union des Entreprises et des Industries et la Chambre de Commerce et de Développement arabo-grec, dans le cadre de la visite officielle du Président de la République du Liban.

Le même jour il s’entretiendra avec une délégation du ministère des Affaires étrangères de la Chine qui effectue une visite en Grèce, en Italie et en Espagne en vue d’explorer les nouvelles possibilités en matière d’investissements.

Le mercredi 12 décembre, le Secrétaire général des Relations économiques internationales et de la Coopération au développement s’entretiendra avec le vice-président de la Chambre de commerce de Chine pour la promotion du commerce international, M. WANG Jinzhen ainsi qu’avec des représentants d’importantes entreprises chinoises, telles que la banque ICBC et la China State Shipbuilding Corporation.

Enfin, le vendredi 14 décembre, il participera à une table ronde sur le thème : « Les possibilités et les perspectives de développement dans les domaines de l’environnement et de l’énergie propre » qui se tiendra dans le cadre de la conférence intitulée « Environnement et Développement » organisée par la Chambre technique de Grèce.
Comme je l’ai tout à l’heure dit, le mercredi 12 décembre se tiendra à Marrakech la 4e réunion ministérielle du Groupe des amis du peuple syrien. Les journalistes souhaitant couvrir l’événement peuvent trouver des informations relatives à la procédure d’accréditation sur le site du ministère des Affaires étrangères.
(http://www.diplomatie.ma/laF%C3%AAte/tabid/3160/language/en-US/Default.aspx)

Je suis prêt à répondre à vos questions. Merci.

P. PAPATHANASSIOU : Monsieur le porte-parole, que signifie la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN pour les Balkans occidentaux et notamment pour les relations de l’Alliance avec la Serbie, ainsi que pour le Monténégro ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : Comme vous le savez, dans le cadre de la session du Conseil des ministres des Affaires étrangères, parmi les questions abordées figuraient les évolutions dans la région des Balkans occidentaux, une région qui préoccupe tant l’Union européenne que l’OTAN et notamment l’effort visant à rapprocher tous les pays de la région des institutions et normes européennes et euro-atlantiques. Il y a encore d’importants défis à relever et l’Alliance connaît très bien ces défis. Respectivement, dans le cadre de l’Union européenne sont consentis des efforts y relatifs. Notre objectif et nos efforts consistent, comme je l’ai dit tout à l’heure, à ce que chaque pays de la région se rapproche davantage des normes européennes, qu’il remplisse les critères et modalités définis qui lui permettront d’avancer dans son cheminement vers ces institutions.

En ce qui concerne le Kosovo, les discussions entre Pristina et Belgrade sont en cours ; c’est une discussion qui a d’ores et déjà produit quelques résultats et il est important qu’elle se poursuive. La position de la Grèce est que nous devons suivre la voie diplomatique, nous devons accorder une chance au dialogue, nous devons rechercher des consensus qui apporteront des solutions durables. Nous estimons que la position de toute la région est dans l’Union européenne, dans la famille européenne et les institutions euro-atlantiques et c’est à cette fin que nous continuerons d’œuvrer.

S. RISTOVSKA : Monsieur le porte-parole, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères M. Kourkoulas a dit avant-hier dans une émission « Ston Eniko » qu’au-delà de la question du nom, d’autres questions se posaient, comme la langue, l’identité. Est-ce que cela signifie qu’il demandera à la partie grecque qu’une solution soit apportée aux autres questions également et pas seulement à la question du nom ? Une deuxième question concerne les propositions de M. Nimetz, est-ce que vous les avez étudiées, car vous avez dit que lorsque vous les étudierez vous nous ferez un communiqué à ce sujet.
G. DELAVEKOURAS : S’agissant de la première question, je dirais que malheureusement je n’ai pas eu la chance de voir cette interview dont vous parlez, donc je ne peux savoir ce qui y a été dit. Je peux toutefois vous dire que l’objet des négociations est décrit clairement dans les résolutions y relatives du Conseil de sécurité des Nations Unies, les résolutions 817 et 845, tout comme dans l’accord intermédiaire.

La Grèce aspire à ce que nous parvenions à une solution et cela présuppose l’existence d’une volonté politique. Nous avons pris d’importantes initiatives au cours de toutes ces années afin de faire des pas en avant et je pense que l’initiative la plus importante était la lettre-proposition récente du ministre grec des Affaires étrangères par laquelle notre pays a proposé la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding), qui définit avec précision le cadre et les paramètres de la solution recherchée, qui doivent être respectés. Malheureusement, la réponse que nous avons reçue de la part de la République yougoslave de Macédoine est dénuée de substance. Nous avons certes reçu une lettre, qui n’apporte toutefois pas de réponse concrète au cadre proposé par la Grèce.

S’agissant des autres questions dont vous avez parlé, manifestement d’autres questions sont abordées dans le cadre des négociations, mais ce qui importe, et cela figure dans les résolutions 817 et 845, c’est de trouver une solution mutuellement acceptable à la question du nom.

Lors de la rencontre tripartite qui a eu lieu entre M. Nimetz et les représentants des deux pays à New York, M. Nimetz s’est référé à des idées anciennes et nouvelles qui ont fait l’objet de discussions. Elles sont en effet en cours d’examen, de la part du ministère des Affaires étrangères et ce, toujours dans un bon esprit constructif, comme nous avons pu le prouver pendant toutes ces années. C’est dans cet esprit que nous les étudions et lorsque nous aurons du nouveau, nous vous le ferons savoir.

M. KOTOVSKA: After the statements, yesterday, of the Deputy Foreign Minister Kourkoulas and before that, we had a statement from the Greek President, I wanted to ask you, is the Hellenic Republic aside with the constitutional name ***, having also some issues or problems during *** “Macedonian”, such as the “Macedonian” language, “Macedonian” culture, “Macedonian” issue or nationality?

G. DELAVEKOURAS : Comme je l’ai dit tout à l’heure, je n’ai pas eu la chance de voir cette interview. La position ferme de la Grèce est que les adjectifs qualificatifs que vous avez utilisés sont en rapport direct avec la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et des négociations qui se poursuivent. Pour cette raison, la position de la Grèce est claire, dans toutes les enceintes internationales, à savoir qu’il ne doit pas être fait usage de ces termes.
Cela étant, la Grèce continue, dans un esprit constructif, d’œuvrer en faveur d’une solution qui nous permettra de valoriser le fort potentiel qu’offrent les relations entre nos deux pays – il ne faut pas oublier que nous sommes des voisins directs dans cette région et que nous avons tout intérêt à coopérer – non seulement au niveau bilatéral, mais aussi en faveur de la stabilité régionale, qui se réfère expressément aux résolutions du Conseil de sécurité, précisément la résolution 817, à savoir que le règlement de la question du nom est nécessaire à la consolidation de la stabilité dans notre région. Par ailleurs, un tel pas en avant, le règlement de la question du nom, serait une preuve tangible des relations de bon voisinage et permettrait de donner une impulsion très importante à la perspective européenne et euro-atlantique de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine.

A. BIBE : Monsieur le porte-parole, un commentaire concernant les déclarations du président Berisha, de donner la nationalité albanaise à ceux qui le souhaitent. Comment Athènes perçoit-elle cela ? Deuxièmement, est-ce qu’Athènes est satisfaite des précisions apportées par le Président Berisha concernant les déclarations au sujet de Preveza ? Merci.

G. DELAVEKOURAS : Concernant la première question, nous avons pu voir les déclarations dont vous faites mention, mais nous ne connaissons pas encore les détails d’un tel projet de loi, la façon dont il serait appliqué et quelle est son lien, sa compatibilité de manière générale avec le cadre communautaire et la position de l’Albanie en tant que pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Ce sont des questions que nous devrons examiner avec la plus grande attention.
Pour ce qui est des déclarations, j’aimerais avant tout me référer à d’autres déclarations qui ont été faites, comme celles faites par le Président de l’Albanie, M. Nisani. Et je dois dire que nous devons être très prudents dans notre région, car le nationalisme constitue une menace tangible. L’exacerbation du nationalisme, ces derniers temps, dans une région comme les Balkans qui ont payé le prix de comportements ou actions nationalistes et irrédentistes, est dangereuse. Il est impératif de ne pas permettre que cette exacerbation du nationalisme continue.

En effet, le Premier ministre, M. Berisha, s’est rétracté et nous le retenons, tout comme nous retenons les réactions d’importants acteurs internationaux, comme l’UE et les USA. Nous voulons nous employer à ce que notre région se rapproche des normes européennes. Je pense que cela est dans l’intérêt de l’Albanie, du peuple albanais, que la Grèce a soutenu pendant toutes ces années. Pour notre part, nous devons faire clairement comprendre que nous ne tolèrerons pas des attitudes et comportements nationalistes, qui ne font pas avancer notre région. Nous devons regarder devant et ensemble bâtir notre avenir européen commun.
Je vous remercie beaucoup.

Décembre 6, 2012