G. DELAVEKOURAS : Bonjour. Je commencerai par l'agenda. Le mardi 18 septembre à 18h00 se tiendra une séance d'information du ministre des Affaires étrangères devant le Comité « Défense nationale et Affaires étrangères » du parlement hellénique.
Le mercredi 19 septembre le ministre des Affaires étrangères sera en déplacement aux Etats-Unis. La ville de Chicago sera la première étape de ce voyage où le ministre aura des rencontres avec des représentants de la communauté grecque, le Métropolite ainsi qu'avec la direction politique de l'Etat et de la ville. Par la suite, le ministre se déplacera à Boston où il s'entretiendra avec le gouverneur de Massachusetts et aura des contacts avec des représentants de la communauté grecque et le Métropolite.
Le 23 septembre le ministre sera à New York en vue de participer à la « semaine ministérielle » de la 67e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies où il prononcera un discours lors de la session plénière le jeudi 27 septembre. En marge de l'Assemblée générale le ministre participera à une série d'importantes rencontres multilatérales et régionales, telles que le dîner de travail sur la situation au Moyen-Orient, organisé par l'Institut international de la Paix avec les ministres des Affaires étrangères des Émirats arabes unis et du Luxembourg et la réunion sur le débat politique entre l'Union européenne et les Etats Unis, le dîner sur le dialogue inter-atlantique, la réunion des ministre des Affaires étrangères de l'OCEMN, ainsi qu'à d'autres réunions. En outre, le ministre devrait participer à un petit-déjeuner de travail sur la médiation dans la région de la Méditerranée organisé par les ministres des Affaires étrangères de l'Espagne et du Maroc.
L'agenda du ministre comprend egalement un grand nombre de rencontres bilaterales, entre autres, avec le Secretaire general de l'Organisation des Nations Unies, tandis qu'il devrait egalement s'entretenir avec l'envoye special du Secretaire general des Nations Unis, M. Nimetz, et, bien entendu, avec ses homologues. L'agenda des contacts n'est pas encore ete definitivement fixe, mais il vous sera communique ulterieurement. Toutefois, je peux vous dire que ces contacts s'integrent dans le cadre des efforts coordonnes consentis visant a restaurer l'image du pays et a informer les partenaires importants de la Grece au niveau international sur la determination de la Grece et de son peuple a surmonter la crise.
Lors de ses contacts avec ses homologues de l'Europe du Sud-est, du Moyen-Orient et du monde arabe, du Caucase, mais aussi avec les ministres des Affaires étrangères d'importantes puissances émergentes de la scène internationale, le ministre des Affaires étrangères soulignera le rôle stabilisateur de la Grèce dans cet environnement volatile de notre région et explorera les perspectives de coopération aux niveaux politique et économique.
Le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, M. Kourkoulas sera le lundi 24 septembre en déplacement à Bruxelles en vue de participer au Conseil des Affaires générales. Lors du Conseil devraient être abordé le nouveau plan budgétaire pluriannuel.
Le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, M. Tsiaras sera du samedi 15 au lundi 17 septembre à San Francisco où il aura des contacts avec des représentants de la communauté grecque et de la communauté orthodoxe grecque, ainsi qu'avec des hauts fonctionnaires de la municipalité.
Le mardi 18 septembre, le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères effectuera un déplacement à Los Angeles où il s'entretiendra avec le maire de la ville ainsi qu'avec les présidiums des organisations de la communauté grecque. En outre, le mercredi 19 septembre, le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères accompagnera le ministre des Affaires étrangères lors de ses contacts à Chicago et à Boston.
M. KOTOVSKA : [Question sur l'arrêt de la Cour internationale de la Haye et son application par la Grèce]
G. DELAVEKOURAS : Premièrement, j’apprécierais que vous utilisiez le nom de votre pays reconnu au niveau international, tel qu’il apparaît très clairement dans les résolutions y relatives du Conseil de sécurité, de toutes les organisations internationales et selon lesquelles nos deux pays ont des relations établies. Je vais continuer en grec, si quelqu’un pouvait traduire pour vous après.
La Grèce a, à maintes reprises, fait preuve de sa volonté de parvenir à une solution à la question du nom de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, une solution prévue par le processus de l'Organisation des Nations Unies, telle que décrite dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et reconnue par les organisations internationales. En dépit de cela, depuis 20 ans, les gouvernements successifs de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine campent sur une position qui ne permet pas de réaliser des progrès dans ce sens. Bien contraire, ils multiplient les provocations et, notamment, ces dernières années nous constatons une tendance accrue à des déclarations de contenu extrémiste, ce qui entrave l'atteinte d'une solution et, malheureusement, n'inspire guère l'optimisme. La Grèce a, à maintes reprises, affirmé qu'elle souhaitait un interlocuteur crédible avec qui elle pourra réaliser de véritables progrès à la table des négociations et cela est un message que signalera également le ministre grec des Affaires étrangères à l'envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, M. Nimetz lorsqu'il aura l'occasion de le rencontrer à New York.
Nous suivons également de près les évolutions à l'intérieur de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, à savoir les lacunes au niveau de l'organisation de l'Etat, des lacunes qui ont été signalées dans un grand nombre de rapports élaborés par des organisations internationales qui suivent les progrès réalisés par le pays et nous espérons qu'il y aura un changement de cap, à savoir que l'Ancienne République yougoslave de Macédoine procédera à la mise en place des réformes nécessaires afin que cette dernière puisse se rapprocher des normes européennes et emprunter le chemin européen et euro-atlantique. La Grèce est à ses côtés, la Grèce sera l'allié le plus étroit de ce pays tout au long de son parcours d'intégration à ces institutions, mais ce, à condition que les règles de bon voisinage soient respectés, à cet égard nous attendons un changement d'attitude de la part de l'autre partie.
M. KOTOVSKA : [Question sur l'invitation adressée par le Premier ministre de l'ARYM au Premier ministre de la Grèce en vue d'une rencontre]
G. DELAVEKOURAS : Ce sont les artifices mediatiques, les propos virulents, les insultes et le manque de respect qui n'attestent pas d'un comportement constructif. Par bon voisinage nous entendons cette attitude qui consiste a respecter son voisin et c'est ainsi que nous nous comportons a l'egard de notre pays voisin et ce dernier devrait aussi adopter une attitude similaire.
Ce n'est pas le nombre de rencontres qui compte mais la volonté politique de réaliser des progrès et à ce jour l'autre partie n'a pas fait preuve de volonté politique à la table des négociations. C'est pourquoi, je répète ce que j'ai tout à l'heure dit, à savoir que nous attendons de l'autre partie un changement d'attitude en vue de parvenir à une solution. La Grèce, je le répète, a fait preuve à la table des négociations de sa volonté de parvenir à une solution, mais elle a besoin d'un interlocuteur qui aura la même volonté politique.
N. MELETIS : Est-ce qu'il y a un changement d'attitude pour ce qui est de la question du Kosovo ? Deuxième question: est-ce qu'il existe un accord culturel entre la Grèce et la Turquie qui prévoit l'ouverture et le fonctionnement des crèches sans autorisation en Thrace?
G. DELAVEKOURAS : Pour ce qui est de la premiere question, vous etes bien au courant de la position grecque. La position de la Grece est immuable. La position de la Grece est que dans notre region et en general dans le monde il est necessaire de chercher a parvenir a des solutions diplomatiques aux problemes existants. Notamment en Europe du Sud-est il est tres important de parvenir a des solutions viables qui seront axees sur le dialogue et des accords qui assureront que les solutions atteintes seront durables. La Grece croit a l'avenir europeen de toute la region de l'Europe du Sud-est, et bien entendu des Balkans occidentaux. Elle a ?uvre dans ce sens, elle est pionniere dans ce domaine, au sein de l'Union europeenne en vue de voir notre region se rapprocher de l'Europe et nous continuerons d'?uvrer dans ce sens.
Pour ce qui est de votre deuxième question, celle-ci, comme vous pouvez le comprendre, relève de la responsabilité du ministère de l'Education. Cela dit, il va de soi que la loi doit être appliquée en Grèce et nous pensons que tel est le cas.
N. MELETIS : Cette question ne relève pas seulement du ministère de l’Education mais aussi du ministère des Affaires étrangères. Les questions d’éducation de la minorité concernent le ministère des Affaires étrangères, l’application de l'accord. Par conséquent, la loi doit être appliquée. Est-ce que cela veut-dire que les crèches illégales vont fermer ?
D. DELAVEKOURAS : La question du fonctionnement des établissements d’enseignement en Grèce relève du ministère de l'Education. Vous m'avez demandé s'il y avait un accord entre la Grèce et la Turquie qui régissait le fonctionnement d'écoles. Je vous ai répondu qu’il n’y avait pas d’autre accord, outre les dispositions prévues dans le cadre de la Convention de Lausanne qui n’est pas un accord bilatéral. Tel est le cadre contractuel existant. Cela étant, comme je l’ai dit, le fonctionnement d’établissements d’enseignement en Grèce relève du ministère de l’Education et nous estimons, en tant que ministère des Affaires étrangères, que la loi en Grèce est appliquée.
M. POPOVIC : Attendons-nous des évolutions à New York sur la question du nom et y aura-t-il des rencontres au plus haut niveau politique ? Deuxièmement, ces derniers temps on dit qu’une date pourrait être donnée pour que les négociations avec l’UE commencent en décembre. Quelle sera la réaction de la Grèce dans ce cas ? Merci.
D. DELAVEKOURAS : Concernant votre première question, la Grèce est toujours en faveur du progrès et ne manque pas une occasion pour le dire. Malheureusement, il semblerait que les conditions d’un tel progrès ne soient pas réunies lorsque le pays voisin ne cesse de faire des déclarations qui ne font que réitérer son intransigeance. Le message que nous envoyons à tous nos partenaires est ferme et c’est ce même message que nous transmettrons à M. Nimetz comme je l’ai dit tout à l'heure.
Il n’y a aucune rencontre de programmée, nous le verrons d'ailleurs sur place, mais ce qui nous intéresse c’est bien le fond de la question. A savoir que les parties s’assoient à la table des négociations et prouvent concrètement leur volonté politique de résoudre la question. Cela libèrera des forces dans notre relation bilatérale et contribuera à la perspective européenne et euro-atlantique de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Les dirigeants de ce pays doivent en prendre conscience, à savoir qu’ils ont entre les mains l’avenir de leur peuple.
Malheureusement dans de nombreux domaines nous constatons un recul au lieu d’un progrès, nous constatons de nouvelles lacunes, de nouveaux problèmes et c’est la raison pour laquelle nous estimons que les dirigeants du pays voisin doivent enfin parler d’un langage franc, voir les problèmes et œuvrer à leur résolution.
Pour ce qui est de votre deuxième question, comme vous le savez, le Conseil de l’UE qui est l'organe compétent pour la prise de décisions en matière d’élargissement, a pris des décisions précises, qu’il a répétées successivement en 2009, 2010 et 2011. Des décisions qui soulignent la nécessité de respecter les règles de bon voisinage. Telle est la position du Conseil et il est clair que l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, en tant que pays candidat, fait l'objet d'une évaluation quant à son attitude, le fonctionnement du pays, ses relations avec ses voisins, qui malheureusement ne sont pas bonnes à ce qu'il paraît. Cela est source de préoccupations. Ne trouvez-vous pas étrange que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ait des problèmes dans ses relations avec la plupart de ses voisins ? J’espère que nous aurons un changement de cap et que nous pourrons enfin coopérer et parvenir à des solutions, car c'est ce dont a besoin l'Europe du sud-est. La Grèce, pendant toutes ces années, a œuvré à cette fin et a produit d'importants résultats. L’Ancienne République yougoslave de Macédoine a une perspective européenne grâce à la Stratégie de Thessalonique, grâce aux efforts de la Grèce qui exerçait alors la présidence, afin d'aider tout notre voisinage à avancer vers les institutions européennes. Et quelle est la réponse à cela? Une intransigeance, des propos acerbes, des attaques et des altérations de la réalité en permanence. Cela ne nous mène nulle-part. Les deux peuples ont tout intérêt à coopérer. Leurs dirigeants doivent prouver concrètement qu'ils souhaitent une solution. C'est pourquoi nous attendons un changement d'attitude du gouvernement de Skopje.
D. ANTONIOU : Un commentaire concernant les articles publiés aujourd'hui dans la presse turque, selon lesquels l’auteur de l’attentat à la bombe d’avant-hier au poste de police d'Istanbul avait été formé – et récemment, en 2010 – dans un centre de formation de terroristes en Grèce.
D. DELAVEKOURAS : Cette allégation qui revient souvent dans la presse turque est fausse. Il n’y a aucun centre de formation de terroristes en Grèce et c’est pourquoi je pense que ces fausses nouvelles reproduites en permanence ne contribuent qu’à intoxiquer l’opinion publique et alourdir le climat dans les relations entre les deux pays.
Merci.
Septembre 13, 2012